Stupéfaction pour les salariés des CNP: c'est par hasard qu'ils ont appris la fermeture de l'Odéon !
Le week-end des 8 et 9 août 2009, en pleine trêve estivale, le propriétaire a fait déménager la cabine de projection et mardi, les fauteuils ont été à leur tour démontés...
On savait que cette salle était condamnée à disparaitre, la rue Grolée étant appelée à devenir le quartier de luxe de Lyon (la plupart des pas-de-portes ont déjà été libérés), mais c'est la méthode que les employés apprécient le moins.
Quatre à cinq personnes travaillaient au CNP Odéon, parfois depuis près de 20 ans: à leur retour de vacances, elles retrouveront au 6 rue Grolée un petit carton dans lequel ont été réunies leurs affaires, un post-it mentionnant leur prénom...pas très élégant !
Avec peut-être aussi, en prime, une lettre de licenciement, mais l'histoire ne le dit pas encore...D'ailleurs, le propriétaire, Galeshka MORAVIOFF est peu loquace sur le dossier.
En 2009, la situation pourait être différente...MORAVIOFF va parler à son retour de vacances en septembre.
En attendant, le dépeçage de l'Odéon se poursuit: trente années d'affiches de cinéma qui étaient conservées à l'Odéon ont été emportées par des représentants de la Cinémathèque du Luxembourg.
Ce mardi, des déménageurs étaient chargés de démonter les fauteuils rouges de la salle.
A la question," où partent ces fauteuils ? ", il nous a été répondu: "A l'Institut Lumière !"
Un coup de téléphone à la rue du premier Film nous suffira pour confirmer l'information. Thierry Frémaux est en vacances, son service communication est fermé, mais un des employés de la salle de l'Institut confirme qu'il doit prendre en charge ces fameux fauteuils, "à titre conservatoire"...
En clair, l'Institut Lumière, garant de la mémoire du cinéma, est au courant de la fermeture du plus vieux cinéma lyonnais, avant les salariés de l'Odéon...
Le même Institut Lumière dont le directeur Thierry Frémaux se targue d'organiser en octobre le premier festival lyonnais de cinéma consacré...au patrimoine !
Le programmateur du festival de Cannes pourrait toutefois s'être laissé un peu débordé par l'affaire. il semble que Galeshka MORAVIOFF ait proposé à l'Institut Lumière de récupérer les fauteuils pour en assurer la conservation.
Toutefois, selon les salariés des CNP, ces fauteuils n'ont aucune valeur historique, sortis du contexte de l'Odéon, ils n'ont pas plus de valeur marchande, et donc le propriétaire des CNP aurait seulement voulu s'en débarrasser à bon prix: 276 fauteuils de cinéma, ce n'est pas facile à faire disparaitre...
Du coup, l'Institut pourrait renoncer à les récupérer...Affaire à suivrePublié sur le site de Lyon 1ère, le 11/08/09.