Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 18:38

 

Nous sommes membres des Inattendus, association lyonnaise de programmation, de réalisation et d’enseignement du cinéma, qui organise tous les deux ans le festival du même nom.

Par la présente lettre, nous souhaitons exprimer notre inquiétude quant au sort des salles de cinéma CNP dont l’avenir, malgré leur importance capitale pour la culture et la cinéphilie lyonnaises depuis leur création en 1967, semble gravement compromis.

Les cinéphiles lyonnais ont une dette à l’égard des CNP et de Marc Artigau, qui les dirige et les programme depuis vingt ans. C’est dans cet ensemble de huit salles, réparties sur trois sites au cœur de la ville (le CNP Bellecour, le CNP Odéon et le CNP Terreaux) qu’ils ont pu découvrir les cinéastes et les cinématographies de tous pays, de toutes époques et de tous styles.

Les œuvres de cinéastes unanimement reconnus de nos jours, c’est dans ces salles qu’ils en ont vu les premières manifestations filmiques, quand ils étaient considérés comme « confidentiels » ; c’est là qu’ils ont pu en suivre, pas à pas, le développement et l’accomplissement. L’idée selon laquelle le territoire du cinéma, loin de se limiter à la France et aux Etats-Unis, est aussi ouvert et divers que celui représenté par une carte du monde, c’est dans ces salles qu’ils l’ont vue se concrétiser. La conception non amnésique d’une cinéphilie qui ne se conjuguerait pas seulement au temps de l’actualité mais aussi à celui des œuvres du passé, c’est encore là qu’ils ont pu la nourrir.

C’est enfin dans ces salles qu’a été ménagée pour les spectateurs la possibilité de rencontrer régulièrement des cinéastes à la faveur de la projection de leurs nouvelles réalisations, dans l’intention de susciter non pas des « événements » médiatico-culturels mais de véritables discussions autour d’œuvres cinématographiques.

Jusqu’aujourd’hui à Lyon, aucun autre lieu dénué de sectarisme culturel, social ou économique et répondant toutefois aux exigences d’un fonctionnement commercial n’a fait preuve d’une telle diversité dans sa proposition de cinéma. Au nom des trois principes que représente le sigle CNP (« Cinéma National Populaire », dans le sillage du TNP), c’est une haute idée de la transmission du cinéma qui y a été défendue. Ces salles ont toujours observé une cohérence éthique qui ne se borne pas au caractère pionnier et ouvert de leur programmation.

Elle se retrouve dans sa tarification, qui conjugue le souci de l’accessibilité au plus grand nombre et celui du respect économique des œuvres ; dans son mode de programmation, qui fait coexister harmonieusement les films « minoritaires » et ceux qui le sont moins en refusant de sacrifier les premiers au profit des seconds. La constante exigence de Marc Artigau a été d’offrir aux films « à risques » en termes commerciaux toutes les chances d’effectivement « rencontrer leur public », par un travail extrêmement scrupuleux sur leur durée d’exploitation, leur nombre hebdomadaire de séances et les horaires de celles-ci.

De pays parfois très éloignés, des cinéastes ont d’ailleurs spontanément exprimé leur gratitude pour la façon dont les CNP ont respecté leur travail, bien souvent ignoré ou maltraité par d’autres instances de diffusion (salles ou chaînes de télévision) pourtant étiquetées « cinéphiles ». « Démocratie culturelle », « Cinémas d’Art et Essai » et « Cinémas de Recherche », rarement de telles expressions auront trouvé une application aussi peu théorique, et sur la durée, que dans le cadre des CNP.

La situation critique dans laquelle se trouvent désormais les CNP est due à des hausses de loyer, une masse salariale importante, un ensemble de dettes auprès des distributeurs de films et la concurrence exacerbée qui s’est développée à Lyon autour des films dits « d’Art et Essai porteur », mais elle a aussi énormément pâti des pratiques de gestion de l’actuel PDG, qui a racheté les salles en 1998. Si nous vous adressons cette lettre, c’est non seulement en raison de la gravité de cette situation mais aussi de son écho dramatiquement faible (pour ne pas dire inexistant) auprès des instances et des personnes qui pourraient et devraient s’en soucier.

Il nous semble inconcevable que le souci de la continuation de l’activité des CNP ne tienne à cœur de quiconque se préoccupe un tant soit peu d’art, de culture ou de cinéma, impensable qu’une ville telle que Lyon se prive d’une contribution aussi exemplaire à ces domaines, qui ne saurait être remplacée terme à terme par aucun lieu de diffusion cinématographique existant à l’heure actuelle. C’est pourquoi, par cette lettre ouverte, nous en appelons au soutien à ces salles de la part des instances politiques et culturelles, tant nationales que locales.

Au cas où les difficultés matérielles des CNP s’avéreraient insurmontables, nous éprouverions l’impérieuse nécessité de proposer un projet de reprise, car ces salles ne peuvent pas disparaître sans que le relais en soit assuré. Réfléchi tant du point du vue économique qu’artistique, fût-ce à une échelle repensée pour un nouveau départ, nous estimons qu’il serait économiquement viable et permettrait de faire en sorte que le gouffre cinématographique que susciterait à Lyon la fin des CNP ne reste pas béant.

Le cas échéant, nous ne manquerions pas de vous recontacter afin de vous tenir informés d’un tel projet, en espérant qu’il trouverait chez vous une écoute favorable.


Pour Les Inattendus 

Jean-François Buiré, Président 
Jean-Pierre Sougy, Directeur artistique 
Jean-Paul Lebesson 
Fabrice Cavaillé 
Ivan Sougy

Par Cinéphiles En Action
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 09:39

CINEMA - Le cinéma Odéon a refermé ses portes. Vide depuis que son propriétaire Galeshka Moravioff, a profité de la fermeture annuelle, cet été, pour faire déménager fauteuils et matériel de projection (lire), le vieux Cinéma national populaire accueillait hier une journée de mobilisation. Autour de projection gratuites, des centaines de personnes venues dire leur révolte, et imaginer un avenir pour l'art et essai à Lyon. Dans un article publié demain matin dans les pages culture de Libé, le patron indélicat se défend, qualifiant de « terrorisme social » la forme de la mobilisation des salariés qui pour défendre leur emploi et leur cinéma se sont mis en grève et ont occupé l'Odéon de jeudi à ce midi...

Les cinq salariés ont décidé de s'installer dans les lieux lorsqu'ils se sont rendu compte, jeudi matin, que la régie faisait changer les serrures du ciné, deux jours avant la journée de projections qui était prévue. Elle a bien eu lieu, et fait salle comble, de nombreux spectateurs se massant debout dans la salle noire. Les droits avaient été cédés gracieusement et de nombreux réalisateurs ont également apporté leur soutien, dont Jacques Rivette, Denis Gheerbrant, Marie-Claude Treilhou, Philippe Lioret, etc.

Les salariés et leurs soutiens, notamment l'association Les Inattendus, ont reçu en début d'après-midi la visite de Georges Képénékian, adjoint lyonnais à la Culture, et d'Yvon Deschamps, son homologue au conseil régional. Une délégation leur a demandé de s'engager dans le soutien aux salariés menacés, et pour le maintien à Lyon d'une programmation art et essai exigeante . Le sort de l'Odéon semble scellé et l'espoir est mince pour les deux autres CNP, qui appartiennent au même propriétaire. Interrogé vendredi au sujet d'une éventuelle fermeture des Terreaux et Bellecour, Galeshka Moravioff avait cette réponse inquiétante : "Ce n'est pas certain aujourd'hui".

Devant les élus, Jean-François Buiré, président des Inattendus, "association pour la pratique et la diffusion d'un cinéma (très) indépendant", a défendu l'idée d'un nouveau lieu, dans lequel les salariés des CNP auraient priorité au moment du recrutement. La mairie relève qu'elle ne dispose guère de marge dans des projets privés, mais se dit prête à soutenir un projet, à condition qu'il tienne la route.

Article écrit par Olivier BERTRAND et publié sur le site de LibéLyon
Par Cinéphiles En Action
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 09:37
Je soutiens très fermement les deux CNP de Lyon. Je soutiens ceux qui y travaillent. Je soutiens Marc Artigau qui en a fait des lieux saints du cinéma libre. Je soutiens le public fidèle et intelligent des CNP.
Les CNP m’ont soutenu depuis leur ouverture. Sans eux et quelques autres cinémas en France, aurais-je pu montrer mes films, recevoir un accueil et continuer ? Les CNP sont l’oxygène de milliers de spectateurs qui refusent la fermeture de leur temple.

Alain Cavalier

Par Cinéphiles En Action
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 09:36

Comme cinéaste, mais surtout comme spectateur, je trouve cela désolant. Un cinéma comme l’Odéon qui ferme c’est un peu notre curiosité que l’on bride, notre possibilité de découvrir autre chose que les films formatés. Un cinéma animé par un bonhomme dont les spectateurs savent d’expérience qu’il va leur proposer un bon film, et qu’il va le garder à l’affiche plusieurs semaines, cela n’a pas de prix. Il faut tout mettre en œuvre pour éviter cette fermeture ; quand elle aura eu lieu pour faire place à un immeuble ou à un GAP, la nostalgie ne suffira pas, quelque chose sera mort. La disparition de ce type de salles indépendantes conduit inexorablement, nous le savons tous, vers l’uniformisation. L’exemple italien devrait nous servir de leçon.

Philippe Lioret

Par Cinéphiles En Action
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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 21:22
Ne laissons pas le silence prendre place...

Voilà onze ans que G. Moravioff est devenu le propriétaire des salles des salles de cinéma lyonnaises CNP. Onze années d`inertie et de négligences qui conduisent aujourd`hui les CNP à traverser une nouvelles crise.

"L`exploitation des CNP n`est pas menacée à court menacé." G. Moravioff (Métro, 30 juin 2009)

Profitant de la fer;eture annuelle, des déménageurs, sous les ordres de notre PDG, ont entièrement vidé le CNP Odéon. Fauteuils, matériel de projection, billeterie... Rien n`a été épargné par ce "déménagement" nocturne, pas même le code du travail. En effet, aucune information n`a à ce jour été transmise concernant le sort des cinq salariés de ce site. Comment justifier une telle attitude envers les employées ?

"C`était mon droit de ne pas informer les employées de l`opération de vente." G. Moravioff (Le Progrès, 14 août 2009)

Les cinq salariés, actuellement sous contrat, se retrouvent dépourvus de leurs outils de travail. Aucun soutien ne leur est apporté. Seule la lutte pour le maintien de leurs emplois pourrait débloquer la situation.

Le matériel octroyé à l`Odéon a été notemment réparti dans les salles marseillaises appartenant à G. Moravioff, au détriment de ses autres salles lyonnaises. Or, nous refusons une lente dégrqdation de nos conditions de travail et des conditions d`accueil dans les salles restantes ainsi qu`un abandon délibéré des CNP Terreaux et Bellecour. Nous refusons de faire les frais d`une gestions approximative et hasardeuse de la part d`un PDG fantomatique.

Nous ne laisserons pas le silence prendre place face à ce manque absolu de considération de la part de la direction.

À l`heure où la ville de Lyon se prépare au lancement du Grand Lyon Film Festival, peut-on sérieusement envisager la fermeture définitive des CNP dont la spécificité et la vocation restent, déabord et avant tout, de garantir et d`assurer pour le plus grand nombre la programmation de films à la fois différents, exigeants et audacieux ?

Notre ville peut-elle se contenter d`une conception mércantile du cinéma et voir les multiplexes fleurir sur les ruines des cinémas indépendants ?

Les employés du Cinéma National Populaire.
Par Cinéphiles En Action
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